Le site en Mongolie

La réintroduction à Khomyn Tal

Le but de l’association TAKH a toujours été de réintroduire des chevaux de Przewalski dans leur milieu en Mongolie. C’est pour ça que la réintroduction dans le site semi-clôturé de Seer à Khomyn Tal fut fortement suivie dès les premières arrivées en 2004.

Notre suivi est unique dans le monde car les chevaux sont suivis tous les jours depuis 2004 par une équipe de rangers mongols. Ainsi nous connaissons tous nos chevaux individuellement et nous avons l’historique de leurs problèmes de santé ou de leur changement de groupes par exemple. Le protocole de suivi comportemental en place depuis 2004 permet d’utiliser les données collectées pour comprendre comment le troupeau évolue dans son ensemble. Par exemple, une augmentation de la fréquence des comportements agonistiques  peut nous indiquer qu’un problème se pose dans le troupeau (plus assez d’espace vital par exemple) et nous orienter dans notre façon de manager la population.

Afin de vivre au plus près des chevaux pour les suivre, une équipe de rangers vit dans le site de réintroduction depuis 2004. Composée de mongols de Khomyn Tal ou des communes alentours, ils connaissent parfaitement le terrain, sa faune, sa flore et les chevaux. Depuis 2010 et jusqu’en 2019, un volontaire français était sur place afin de faciliter le lien avec la France et aider au suivi des chevaux. L’équipe de Seer forme une petite famille où chacun a son espace vital (son ger « yourte » en mongol) que l’on doit déplacer deux fois par an entre le camp d’été (proche de la rivière et plus frais) et l’hiver (au pied d’une montagne et donc à l’abri du vent d’hiver). Les conditions de vie sont celles des éleveurs semi-nomades de Mongolie : eau à la rivière, électricité grâce à une batterie de voiture reliée à un panneau solaire et chauffage grâce à l’argal : des crottins séchés.

Les chevaux dans leur habitat en Mongolie
Zone de réintroduction de Seer - Khomyn Tal

Actuellement les rangers mongols s’occupent de suivre les chevaux, de surveiller l’état de la clôture et des réparations des voitures ainsi que du suivi de la faune sauvage. 

Leur travail  de suivi devient de plus en plus compliqué avec l’augmentation du nombre de chevaux et l’imminence de l’ouverture de la clôture pour éviter que la zone de réintroduction ne soit surpâturée. Ainsi il est probable que notre suivi futur soit moins fin qu’actuellement et il est probable que d’ici quelques années, les chevaux ne soient plus reconnus par les rangers et n’aient pas tous un nom. Ce qui en ferait de vrais animaux sauvages et notre suivi, un suivi de faune sauvage. Ce qui sera un grand pas quand on sait que leurs grand-parents venaient de zoos ! Ainsi il faudra s’aider de la technologie ou d’indices indirectes et non plus seulement des jumelles pour repérer et suivre cette population qui s’accroit chaque année.

De plus il y a quelques rangers volontaires (des éleveurs locaux) dans Khomyn Tal qui les aident au suivi des ongulés sauvages dans le nouveau parc national de Khomyn Tal qui englobe Seer et fait quelques 410 000 hectares !

Pour avoir plus d’informations sur notre projet et le cheval de Przewalski, lisez « Le cheval de Przewalski, retour en Mongolie », écrit par Sally Zalewski avec la participation de Claudia Feh et Frédéric Joly et une préface de Allain Bougrain Dubourg, éditions Buchet-Chastel, publié en 2018.