Des origines camarguaise à la Mongolie
L’association pour le cheval de Przewalski : TAKH fût créée en 1990 à l’initiative Claudia Feh, éthologiste équine avec le soutien de Luc Hoffmann et sa fille Maja. Cette création fit suite à un projet sur l’étude du comportement des chevaux de race Camargue mené par la Station Biologique de la Tour du Valat. Ce projet avait pour but de décrire le comportement des chevaux lorsqu’ils n’étaient plus contraints par les pratiques d’élevage traditionnelles. Une vaste prairie fût ainsi offerte à des individus qui purent laisser libre court à leurs instincts sans la moindre intervention humaine.
Chevaux de Camargue dans un milieu marécageux typique de Camargue
Un des intérêts majeurs fût la possibilité qu’eurent les chevaux de s’organiser en groupes familiaux durables, possibilité qu’ils n’avaient pas au sein des élevages classiques où mâles et femelles sont séparés pendant la majeure partie de l’année. La suite logique de ce travail sur les chevaux en liberté fût de réitérer l'expérience sur une race de cheval qui n’avait jamais été domestiquée : le Cheval de Przewalski. Le site du Villaret fût ainsi choisi pour accueillir un troupeau de chevaux de Przewalski où les individus purent à nouveau recréer des groupes familiaux. Cette initiative fût couronnée de succès, les animaux s’adaptèrent parfaitement bien à ce site montagneux du sud de la France. Ils se reproduirent de manière très satisfaisante de sorte que quelques années plus tard, un stock était disponible pour une réintroduction dans l’aire d’origine de l’espèce : l’Asie centrale et plus particulièrement la Mongolie. Le cheval de Przewalski en avait disparu vers 1966, il ne survivait alors plus qu’en captivité. Deux transports vers ce pays eurent lieu en 2004 et 2005 afin de recréer une population libre et autonome.
De l’expérience des chevaux de Camargue et du Villaret, TAKH a conservé une spécificité qui est de prendre soigneusement en compte les aspects éthologiques. Cette expérience se révèle fort utile pour le suivi de la population réintroduite en Mongolie.
Aujourd'hui
Désormais le but principal de TAKH est de mener à bien la réintroduction en Mongolie et ses aspects connexes, notamment le lien avec les populations locales d’éleveurs. Pour ce faire TAKH peut s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire d’une quinzaine de personnes, réparties entre la France et la Mongolie.Son ‘quartier général’ est toutefois resté à la Station biologique de la Tour du Valat en raison de son environnement scientifique stimulant.
