|
|
Le
Troupeau du Villaret
I
- Approche de l'élevage du Villaret
La
plupart
des élevages en captivité d'espèces
menacées sont très interventionnistes, et
sélectionnent eux-mêmes les couples
qui vont servir à la reproduction. L'originalité
de notre
projet réside dans le
fait que nous croyons en la capacité de ces chevaux
à
s'organiser eux-mêmes. La
philosophie de notre élevage est donc la non-intervention. |
| Après
10 générations en captivité,
certaines tares
sont apparues, notamment au niveau de la locomotion et de l'occlusion
dentaire.
L'Association pour le cheval de Przewalski : TAKH s'est ainsi
lancée en 1990
dans la création d'un élevage en
semi-liberté.
Celui-ci doit produire des
individus entraînés à la vie sauvage,
dont une
partie pourra affronter la
réintroduction
en Mongolie, d'où l'espèce a
disparu. |

Debout ! Il
est temps de
retrouver la liberté ! ©
C. Feh
|
II
- Les buts
de notre élevage
Pour
retrouver son aptitude à vivre à
l'état
sauvage, le cheval sauvage doit dans un premier temps retrouver sa
capacité à
survivre sans intervention humaine, mais également
reproduire la
structure
sociale propre à son espèce. Notre
élevage doit donc :
|
| 1/
Permettre aux chevaux de retrouver leur capacité
à se nourrir et à se protéger des
agressions du
milieu |
|
|
|
Certains
d'entre eux avaient toujours été nourris
au foin et n'avaient jamais brouté ! Ils ont
malgré cela
retrouvé très vite
leurs instincts, et n'ont pas
tardé à consommer
l'herbe
rase du Causse Méjean.
De
plus, ils
ont de plus appris à trouver les
endroits abrités du vent au pied des collines en hiver et
ceux
les plus ventés
lors des fortes chaleurs d'été.
|

Les
chevaux de
Przewalski se sont réhabitués
à la neige, grâce à leur
épais pelage d'hiver ©
C. Feh |
| 2/
Reproduire certains mécanismes de la sélection
naturelle, en permettant notamment le libre choix des partenaires de
reproduction |
|
|
|
 |
Le
choix du
partenaire de reproduction a des
conséquences extrêmement importantes sur la
structure
génétique du troupeau. En
effet plus un individu a de partenaire de reproduction, plus sa
contribution en
terme de patrimoine génétique est importante
à la
prochaine génération
Le gain des juments passe
parfois par des
combats plus ou moins violents (voir photo ci-contre ©
P.
Goeldlin) |
|
| 3/
Permettre aux chevaux de reconstituer des
groupes familiaux, comme on l'observe au sein de toutes les populations
de
chevaux vivant en liberté (chevaux de Camargue, mustangs) |
| Ces
populations présentent toutes une organisation
sociale similaire : des groupes familiaux composés d'un
étalon, de 1 à 3
juments et de leur progéniture jusqu'à la
puberté,
et des groupes d'étalons
célibataires. L'obtention
d'une telle structure au sein de notre
troupeau de Przewalski est un pas aussi important pour le retour
à la vie
sauvage que la capacité des individus à se
nourrir seuls. |

Groupe
de
chevaux de Przewalski au Villaret ©
P.
Goeldlin |
III
- Etudes
préliminaires
|
Plusieurs
paramètres ont été pris en compte pour
mener à bien la constitution du troupeau du Villaret. Le
milieu,
certaines
expériences passées et le choix des
lignées ont
ainsi été pris en compte :
|

Le
Causse Méjean possède des paysages
qui n'ont rien à envier à ceux de la Mongolie !
©
J.P. Taris
|
Ainsi,
le
Causse
Méjean (photo ci-dessus) est un des sites d'Europe
occidentale dont les conditions naturelles se rapprochent le plus de
celles de
la Mongolie. Les étés sont chauds et secs, et les
hivers
rudes et longs. La
pluviométrie est plus importante qu'en Mongolie, mais le sol
calcaire retenant
très peu l'eau, la végétation se
trouve dans des
conditions hydriques proches
de celles de la Mongolie. On retrouve d'ailleurs certains genres de
plantes sur
les deux endroits comme, par exemple, les graminées du genre
Stipa. Enfin,
l'élevage ovin a permis de façonner le paysage
steppique
propre au Causse
Méjean.
D'autre part, le
patrimoine
génétique des individus
fondateurs du troupeau
est représentatif
de celui de la
population captive
mondiale :
|
|
IV
- L'arrivée des fondateurs
du troupeau du Villaret
|

La
bergerie
du Villaret a accueilli des hôtes inhabituels pour elle !
© C. Feh
|
Le
hameau du
Villaret a été acquis en décembre 1991
et restauré. Il était autrefois dévolu
à
l'exploitation ovine. Les aménagements
nécessaires
à l'élevage de chevaux ont
été réalisés
grâce au soutien de nos
partenaires : Le WWF France, la Région,
le
Département,
l'Europe et l'Etat (au
travers du programme Life), le Parc National des Cévennes et
certains fonds
privés. Onze individus provenant de zoos
européens (Allemagne,
Angleterre, France) sont arrivés sur le site du Villaret en
1993 et 1994. |
|
V
- Conclusion de quinze ans d'élevage
|
Si
les
chevaux s'étaient assez vite
réhabitués à
brouter et à résister aux difficiles conditions
climatiques du Causse Méjean,
certains comportements
mal adaptés étaient
clairement
néfastes. Les combats
trop violents entre étalons et
les
comportements
infanticides
handicapaient
grandement le troupeau. Ces derniers disparurent fort heureusement
après quelques années, et la
croissance devint satisfaisante. voir
les chiffres.
Les
relations
sociales s'apprennent dès le plus
jeune âge. C'est pourquoi la génération
née
sur le Causse se comporte de
manière beaucoup plus " naturelle " que les individus venus
de
zoos.
Ainsi les combats entre étalons obéissent
désormais à des rituels qui
privilégient les postures d'intimidation aux contacts
physiques.
Ceci évite les
efforts inutiles et les coups dangereux.
Ajoutons
à cela que la disparition d'individus
présentant des malformations congénitales nous
montre
l'importance d'une
sélection plus naturelle.
Les
conditions offertes aux chevaux semblent donc
avoir éliminé certains défauts
héréditaires et comportementaux. La plupart des
individus de la deuxième génération
ont ainsi
produits des individus qui ont pu être
réintroduits en
Mongolie.
|
|
VI -
Une
population réservoir et un laboratoire
pour l'avenir
|
Un
troupeau de chevaux
de Przewalski sera maintenu sur le Causse
Méjean afin de constituer une "population
réservoir",
c'est à dire un troupeau capable de fournir des individus
pour
renforcer les populations recrées en Mongolie en cas de
problème
(épidémie, catastrophe climatique ou autre).
En parallèle nous avons comme projet de
développer un
centre d'étude du comportement équin,
à
partir
d'observations réalisées in
situ sur le troupeau |
|
Haut
de page
|
|